Coronavirus : le point sur l’impact dans le tourisme

Publié le 10.03.2020

20 % de perte pour l’hôtellerie. Quels sont, plus largement, les premiers chiffres qui remontent du terrain sur l’impact de cette crise du coronavirus sur l’hôtellerie et le tourisme en général ?

« Il y a eu plusieurs séquences. La première,  c’était l’absence de clientèle asiatique du fait des restrictions (à la fois les chinois, les coréens et les japonais). L’impact était d’environ un milliard sur le territoire national. Cela a surtout eu des conséquences sur l’hôtellerie francilienne. Le problème est que maintenant, nous sommes rentrés dans une deuxième séquence, avec une diminution de toutes les clientèles. Rappelons quand-même que 80 % de la clientèle étrangère qui vient en France est une clientèle européenne et que nous devons constater l’annulation ou le report d’un certain nombre d’événements, notamment autour du tourisme d’affaires (salons, rencontres professionnelles, l’annulation des séminaires d’entreprises remplacés par des vidéoconférences, le fait que les multinationales hésitent à faire partir à l’étranger leurs collaborateurs…). Il y a aussi une psychose concernant les personnes qui sont allées en Italie car elles sont mises en quarantaine ou on leur demande de rester travailler chez elles. Donc nous sommes entrés dans un phénomène tout à fait dramatique pour le tourisme français et qui va bien au-delà de l’Ile-de-France. Comme le soulignait Bruno Le Maire, l’impact sur Lourdes (qui est typiquement le 2ème pôle hôtelier de France, très dépendant de clientèles étrangères et notamment de la clientèle italienne) est tel que nous constatons une chute considérable des nuitées.

Mais ce que l’on voit, c’est que chaque jour nous avons 5 points de taux d’occupation en moins pour l’hôtellerie en Ile-de-France avec des annulations en séries. Et jusqu’à présent, le fait que les Français partent moins à l’étranger était plutôt bénéfique pour la destination France. Rappelons quand-même que pour les réservations d’été, nous sommes à +5 % par rapport à l’an dernier, notamment sur 80 % du territoire national, sur la façade Atlantique ou sur la Côte d’Azur, avec de très bonnes réservations pour les campings par exemple. »

« Pour ce qui est du comportement des Français à l’intérieur de nos frontières, le problème est là : nous avons une très forte diminution de la clientèle d’affaires et de la clientèle de loisirs qui décident de reporter ou d’annuler ses voyages, notamment en Bretagne car ils ont vu dans l’actualité qu’il y avait un problème dans le Morbihan. Nous constatons donc un effet en chaîne qui commence à être fortement impactant pour le tourisme national. On est d’ores et déjà à environ 5 milliards de perte par rapport à l’an passé et il ne faudrait pas qu’il y ait une accélération du phénomène. Rappelons que le tourisme, entre les emplois salariés et les non-salariés, représente 2 millions de personnes dans notre pays, 10 % des emplois globaux, et pour l’Ile-de-France c’est 1 emploi sur 5 qui est impacté par le secteur du tourisme. Donc véritablement, les enjeux sont colossaux et quand le tourisme va mal, il faut bien avoir conscience que c’est aussi l’ensemble de l’économie qui est impactée : c’est le révélateur. Nous sommes dans quelque chose d’assez irrationnel, quand on voit qu’on a plus de chances de mourir dans un accident de voiture que du Coronavirus, et qu’on note l’impact que cela génère sur le secteur du tourisme. »

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