Les grandes vacances : où aller ?

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EUROPE 1 - 21/04/2020

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Publié le 30.04.2020

Le tourisme est l’un des secteurs économiques dans l’incertitude.

« Quand on entend le discours du secrétaire d’État, ça ne pousse pas nos concitoyens à réserver ni à rassurer les acteurs du tourisme. Nous avons un pays où il y a 4 300 km de côtes, 1 200 km de plages, des espaces naturels, des montagnes, de la campagne… On a 17 millions d’étrangers de moins qui viendront cet été pour les vacances. Nous avons aussi bon nombre de nos concitoyens qui ne partiront pas, soit parce qu’ils n’auront pas le temps, soit parce qu’ils travailleront, ou encore parce qu’ils n’auront pas l’esprit à cela. Avec ce type de discours, on n’encourage pas les professionnels du tourisme et on ne donne aucune cohérence à la communication. Les hôtels sont ouverts et ceux qui sont fermés, c’est parce qu’ils n’ont pas de clients, alors que les campings sont fermés, malgré qu’il y ait souvent beaucoup d’espace entre les emplacements. Les Français peuvent prendre de belles vacances, c’est un bon moyen de faire un pas de côté pour aller découvrir les belles destinations, il y a quantité de nos territoires qui ne sont absolument pas en sur-fréquentation, beaucoup moins que dans nos villes et dans nos transports en commun. »

 

Imaginons qu’un bordelais veuille partir à Lacanau. Il risque d’être mal accueilli par les habitants qui ne voudront peut-être pas voir des urbains arriver dans leur ville. 

 

« Les habitants de Lacanau vivent très fortement du tourisme et ont besoin de l’activité touristique. Aujourd’hui, dans notre pays, il y a 2 millions de salariés et autant de non-salariés dans le secteur du tourisme qui ne travaillent pas ou sont en chômage partiel. 2 millions de personnes vivent indirectement du tourisme : les commerçants dans les stations balnéaires, les ostréiculteurs qui ne vendent plus leurs produits (car c’est de la production locale consommée localement), les pêcheurs (50 % de la pêche est consommée dans les restaurants). Des secteurs entiers sont donc à l’arrêt. A la différence de bon nombre de grandes métropoles, les territoires ruraux et balnéaires vivent du tourisme. Ils seront donc ravis d’accueillir des touristes dans de bonnes conditions sanitaires, il fut seulement que les professionnels du tourisme aient le temps de se préparer. Dans l’hôtellerie de plein air et dans les villages de vacances, ils sont prêts à accueillir les clients à la condition de ne pas mettre en place des mesures complètement stupides, comme celles qui ont été énoncées par le secrétaire d’État, qui consisteraient à pouvoir se baigner et à avoir des gens entassés dans les rues parce qu’ils ne pourraient pas aller sur la plage alors que nous avons des plages immenses. Il faut un peu de bon sens et cela est très important pour le moral des Français qui ont besoin de vacances. »

 

Si les professionnels du tourisme, comme les campings, seront contrôlés cet été en fonction des restrictions mises en place, qu’en sera-t-il des locations de particulier à particulier ? 

 

« C’est le grand danger : si l’on ne veut pas ouvrir les établissements des professionnels, il y aura de la location entre particuliers avec aucune garantie sanitaire, avec des plateformes qui sont basées à l’étranger et qui ne contribuent pas à l’activité économique française alors que nous avons de grands professionnels dans l’hôtellerie de plein air et dans les villages de vacances qui ont un vrai savoir-faire, savent désinfecter des chambres, savent tenir les mesures de confinement et de distanciation. Si des décisions ne sont pas prises et qu’il y a une ouverture au dernier moment, les professionnels ne pourront pas s’y préparer. S’ils ouvrent trop tard, leur modèle économique ne leur permettra pas d’ouvrir et il vaudra mieux qu’ils soient fermés. Cela laissera la place à une économie grise, sans garantie pour le consommateur et pour le vacancier. C’est pour cela qu’il est très important de s’y préparer à l’avance. Au niveau de l’hôtellerie de plein air, une proposition de date a été faite : ils ont proposé de rouvrir à partir 15 mai peu à peu les hébergements, et ensuite d’avoir une ouverture des services au fur et à-mesure pour être prêts à partir du 15 juin. Dans ce secteur, si l’on veut garantir la sécurité sanitaire des vacanciers, il faut du personnel et le personnel s’embauche et se forme maintenant. Il y a déjà eu beaucoup trop d’improvisation. Maintenant il faut anticiper, notamment pour le bonheur des Français qui ont besoin de vacances, Sinon, ceux qui auront les moyens de s’offrir une location de maison avec piscine et services auront des vacances et à côté, des familles qui auront travaillé toute l’année ne pourront même pas partir en camping ou en village de vacances. C’est dangereux au niveau sanitaire, mais aussi une injustice sociale ». 

 

Si les Français peuvent partir en vacances cet été, est-ce que ça va permettre de compenser la non-venue des touristes étrangers ? 

 

« Vers les destinations étrangères, pour les tour-opérateurs et agences de voyage cela va être extrêmement compliqué. Pour le tourisme en France, cela l’est aussi, mais un peu moins. Des opérateurs ont d’assez bonnes réservations pour juillet et août, avec une avance de 7 % avant le confinement, et aujourd’hui en retard entre 12 et 20 % dans le domaine des campings et des villages de vacances. La baisse n’est pas si considérable que cela car il y a assez peu d’annulation. En revanche, on ne constate aucune réservation depuis le confinement. Aujourd’hui il y a à peu près 5 % des réservations qui avaient été faites à la même période l’an dernier, donc peu à peu les acteurs enregistrent un retard. Il est évident que les Français ne voudront pas prendre le risque de payer des acomptes ou un séjour sans être certains de pouvoir partir, ils attendent les consignes et c’est pourquoi il est extrêmement important que les choses puissent être clarifiées relativement rapidement. J’ai bon espoir car les vacances sont fondamentales pour bon nombre de nos concitoyens. Il y a ceux qui auront peur et préféreront différer leurs vacances, mais il y aura aussi ceux qui auront envie de s’évader et découvrir de nouveaux territoires : le Jura, la côte d’Opale, les Pyrénées… » 

 

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