Quand le climat redessine la carte touristique française

42°C à l’ombre dans le sud de la France. Des villages provençaux désertés l’après-midi. Des plages saturées sur la façade atlantique et bretonne. Des tensions sur l’eau, les déchets, les mobilités. Ce qui relevait encore récemment d’un scénario prospectif devient une réalité opérationnelle pour les destinations touristiques françaises. Le changement climatique n’est plus un sujet périphérique pour le tourisme : il devient un sujet central de stratégie territoriale, d’attractivité et même de compétitivité. Chez Protourisme, nous sommes convaincus que le tourisme durable ne peut plus se limiter à la sobriété ou à la promotion des mobilités douces. Il doit désormais intégrer une véritable stratégie d’adaptation climatique.

Les destinations soumises aux fortes chaleurs devront profondément s’adapter

Aujourd’hui, une destination qui n’anticipe pas les effets du réchauffement climatique prend le risque :

  • de dégrader l’expérience visiteur,
  • de fragiliser son économie touristique,
  • de mettre sous tension ses habitants et ses ressources,
  • et de perdre progressivement son attractivité.

C’est précisément dans cette logique que nous avons développé, avec notre partenaire Ramboll — expert international de l’adaptation climatique — une méthodologie d’accompagnement des territoires touristiques face aux nouvelles réalités climatiques.

Le sud de la France figure parmi les zones européennes les plus exposées à l’augmentation des températures et aux épisodes extrêmes.

Les projections de Météo-France intégrées dans les travaux de Ramboll montrent :

  • une hausse moyenne des températures en France de +2,7°C à horizon 2050,
  • avec des impacts encore plus marqués dans le sud méditerranéen.

Dans le Gard, territoire du Pays d’Uzès – Pont du Gard, les effets sont déjà visibles :

  • hausse des températures moyennes,
  • modification du régime des précipitations,
  • tensions hydriques,
  • risque accru d’inondations et d’événements extrêmes.

Notre étude actuellement menée avec la Destination Pays d’Uzès – Pont du Gard illustre parfaitement cette mutation. Le territoire a souhaité intégrer l’adaptation climatique au cœur même de sa future stratégie touristique 2026-2032.

Le sujet n’est plus “faut-il s’adapter ?” mais “comment s’adapter rapidement ?”

Car les impacts concernent déjà directement :

  • le confort thermique des visiteurs,
  • la fréquentation estivale,
  • l’accès à l’eau,
  • la gestion des flux,
  • les hébergements,
  • les mobilités,
  • les paysages,
  • les risques incendies et inondations.

L’enjeu devient alors de repenser l’expérience touristique elle-même.

Qques exemples très concrets d’adaptation :

  • développer des îlots de fraîcheur touristiques,
  • revaloriser les activités matinales et nocturnes,
  • végétaliser les espaces publics touristiques,
  • repenser les cheminements et zones d’attente,
  • adapter les hébergements aux nouvelles normes thermiques,
  • mieux répartir les flux dans le temps et dans l’espace,
  • anticiper les tensions sur la ressource en eau.

Dans cette perspective, l’adaptation climatique ne doit plus être perçue comme une contrainte.
Elle devient un levier d’innovation touristique.

Le nord-ouest de la France : futur “refuge climatique” touristique ?

À l’inverse, certaines destinations aujourd’hui tempérées pourraient devenir extrêmement attractives dans les prochaines décennies. Bretagne, Normandie, façade Manche-Atlantique : ces territoires bénéficient d’un climat plus supportable en période estivale. Conséquence probable : un report massif des flux touristiques. C’est déjà une tendance observable.

Dans notre étude menée sur la Destination Saint-Malo – Baie du Mont-Saint-Michel – Cap d’Erquy Cap Fréhel, les acteurs locaux identifient clairement le dérèglement climatique comme un facteur futur d’augmentation de fréquentation.

Vers une nouvelle géographie touristique française

Le sujet est majeur car ces territoires “refuges climatiques” devront absorber :

  • davantage de visiteurs,
  • davantage d’excursionnistes,
  • davantage de résidences secondaires,
  • davantage de tensions sur les mobilités et le logement.

Dans notre étude avec la Destination, les impacts sont déjà identifiés :

  • saturation des parkings,
  • congestion des sites emblématiques,
  • tensions sur l’eau et les déchets,
  • pression sur les milieux naturels,
  • acceptabilité touristique par les habitants, notamment à St Malo intramuros
  • difficultés de logement pour les saisonniers et les habitants.

Le phénomène est d’autant plus structurant que les pics de fréquentation concernent déjà des volumes considérables :

  • 1,4 million de visiteurs dans le centre historique de Saint-Malo,
  • 800 000 visiteurs à Dinan,
  • 600 000 à la Pointe du Grouin,
  • 575 000 au Cap Fréhel.

Autrement dit : les destinations les plus “fraîches” pourraient devenir les prochaines destinations sous tension.

Le tourisme durable entre dans une phase de gestion stratégique des flux

Pendant longtemps, les politiques touristiques visaient principalement à développer l’attractivité, augmenter les fréquentation et renforcer la notoriété. Désormais, une nouvelle question émerge : jusqu’où un territoire peut-il accueillir sans se dégrader ? Cette réflexion devient centrale dans les stratégies touristiques contemporaines. C’est pourquoi nous travaillons aujourd’hui de plus en plus sur :

  • les capacités d’accueil,
  • la gestion des flux,
  • la régulation des pics de fréquentation,
  • l’observation des mobilités,
  • l’acceptabilité locale,
  • la résilience des infrastructures touristiques.

Notre étude sur Saint-Malo – Baie du Mont-Saint-Michel – Cap Fréhel propose ainsi :

  • des stratégies de report des flux,
  • des parkings relais,
  • des dispositifs de pilotage en temps réel,
  • des scénarios de saturation,
  • des observatoires de fréquentation,
  • des stratégies de diffusion spatiale des visiteurs.

L’objectif n’est pas de “fermer” les destinations. L’objectif est de préserver durablement la qualité de vie, la qualité de visite, les paysages, les ressources et l’économie touristique.

Pourquoi les territoires ont besoin d’un accompagnement stratégique avec nous ?

L’adaptation climatique appliquée au tourisme nécessite une approche transversale. Car il ne s’agit pas seulement d’environnement. Il faut croiser tourisme, urbanisme, mobilités, eau, biodiversité, habitat, économie locale, usages habitants/visiteurs et prospective climatique. C’est précisément la logique de la méthodologie développée conjointement par Protourisme avec nos partenaires fidèles Ramboll, Item (mobilités) et Agap (paysages & aménagement & urbanisme).

Notre approche repose sur plusieurs piliers :

  • une analyse objectivée des risques climatiques. Nous intégrons les projections climatiques nationales (TRACC, PNACC), les données locales, les vulnérabilités sectorielles, les aléas climatiques futurs
  • une approche spécifique au tourisme. Nous analysons les flux, les saisonnalités, les filières touristiques, les capacités d’accueil, les comportements visiteurs, les impacts sur les ressources et les infrastructures.
  • une forte culture de la concertation. Nos démarches reposent sur des ateliers de co-construction, concertation élus/acteurs (entretiens individuels), des enquêtes terrain, des diagnostics partagés et des scénarios prospectifs.
  • une vision opérationnelle/ concrète. Notre objectif n’est pas de produire un rapport supplémentaire. Nous accompagnons les territoires vers des plans d’actions concrets, des trajectoires d’adaptation, des outils de pilotage, des feuilles de route réalistes, des stratégies activables politiquement et techniquement.

Pour conclure…

Le tourisme de demain sera résilient…. ou ne sera pas

Le changement climatique va profondément redistribuer les cartes du tourisme français. Certaines destinations devront apprendre à gérer la chaleur. D’autres devront apprendre à gérer une nouvelle attractivité. Mais toutes devront intégrer une même réalité : le climat devient désormais une variable structurante des stratégies touristiques. Les territoires qui anticiperont aujourd’hui disposeront demain :

  • d’une meilleure résilience,
  • d’une attractivité durable,
  • d’une meilleure acceptabilité locale,
  • et d’un avantage concurrentiel majeur.

Chez Protourisme, nous sommes convaincus qu’il est encore temps d’agir. Mais il faut désormais passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.

contact : Virginie GENDROT virginie.gendrot@protourisme.com

Parmi nos références sur ces thématiques :

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