Le classement des offices de tourisme constitue aujourd’hui un levier structurant pour les territoires, en particulier pour accéder au statut de station de tourisme. Entre exigences réglementaires renforcées et enjeux organisationnels, la constitution d’un dossier solide s’avère déterminante, notamment pour viser la catégorie I.

Classement des offices de tourisme : constituer un dossier solide

Le classement des offices de tourisme, réformé par l’arrêté du 16 avril 2019, s’articule autour de deux catégories et 19 critères. L’enjeu principal se concentre sur la catégorie I. Seul ce niveau ouvre la voie au classement en station de tourisme, ce qui en fait un objectif stratégique pour les territoires à forte vocation touristique.

Une procédure en deux temps

La demande relève en règle générale de l’EPCI, compétent de droit commun depuis la loi NOTRe. Les communes classées en station de tourisme ou engagées dans cette démarche conservent toutefois la possibilité de maintenir un office à gouvernance communale. Le dossier est instruit par les services préfectoraux et le classement, prononcé pour cinq ans par arrêté préfectoral, porte à la fois sur le bureau administratif et sur les bureaux d’information touristique (BIT), en priorité le BIT principal.

Catégorie II : un socle accessible

La régulation devient un véritable outil de pilotage territorial, et non plus seulement un cadre. La catégorie II constitue un 1er niveau de reconnaissance, conditionné à

  • une ouverture d’au moins 180 jours par an (1 080 heures annuelles)
  • un accueil bilingue français-anglais
  • un site internet traduit dans ces deux langues par des personnes qualifiées
  • une équipe permanente d’au moins 3 ETPT encadrés par un responsable de niveau BAC+2.

Ces exigences sont globalement atteignables pour la majorité des offices intercommunaux disposant d’un ancrage territorial établi.

Catégorie I : trois critères structurants

Le passage en catégorie I suppose un saut qualitatif significatif. Trois critères concentrent la quasi-totalité des difficultés rencontrées lors de l’instruction :

  • L’amplitude d’ouverture est portée à 240 jours et 1 680 heures annuelles. Il est admis de cumuler les plages d’ouverture de plusieurs BIT et des conseillers en séjour intervenant hors les murs, à condition que ces périodes ne se chevauchent pas. Cette souplesse est déterminante pour les territoires à saisonnalité marquée.
  • Le seuil de 5 ETPT permanents — direction incluse, emplois saisonniers exclus — reflète une capacité structurelle d’exercice des missions.
  • L’accueil et le site internet sont disponibles en français, en anglais et dans une troisième langue, choisie en cohérence avec la clientèle accueillie et traduite par des personnes qualifiées. La traduction automatique non supervisée n’est pas recevable. Ce critère est fréquemment sous-estimé lors de la constitution du dossier.

À ces 3 points s’ajoute l’obligation de détenir une certification qualité reconnue (Destination d’Excellence, NF Service, ISO 9001) et de produire une stratégie touristique formellement validée par la collectivité.

Ces exigences pèsent naturellement plus lourd pour les offices sollicitant un primo-classement en catégorie I. Un renouvellement, bien que non automatique, bénéficie d’une structure déjà rodée, de procédures établies et d’une connaissance des attendus de l’instruction. Pour un premier classement, l’office part d’une page blanche : atteindre les seuils requis, formaliser les pratiques et constituer un dossier complet sont des chantiers à mener de front, ce qui suppose un investissement préparatoire significatif.

Un enjeu d’accompagnement

Face à la complexité de la démarche, un accompagnement extérieur apporte une réelle valeur ajoutée : lecture critique du dossier, identification des points de fragilité, structuration des pièces justificatives et dialogue avec les services instructeurs. Cette plus-value est d’autant plus marquée dans le cadre d’un primo-classement en catégorie I, où l’enjeu ne se limite pas au respect des exigences réglementaires, mais implique plus largement l’organisation de l’office de tourisme.

contact : Maxime BOUGARD administration@marketingconseilaudit.com

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