Coronavirus : les conséquences sur le tourisme dans l'Hexagone

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France Info - 28/01/2020

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Publié le 17.02.2020

Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme, est l'invité de l'émission « 9h/midi » sur France Info. Interview de celui-ci sur l’impact du Coronavirus sur le tourisme.

Les jours passent et le bilan du Coronavirus en Chine continue de grimper. Alors que la France organise le rapatriement de ses ressortissants à Wuhan, la chine recommande à ses ressortissants de reporter leurs voyages à l’étranger et les voyages en groupe sont quant à eux suspendus.

Le tourisme chinois en France, c’est environ 2 500 000 touristes les bonnes années, ce qui représente seulement 2,5 % de la fréquentation touristique française mais 7 % des dépenses, au bénéfice souvent des grands magasins et de l’Ile-de-France. Donc l’impact économique de la « non-venue » de ces clientèles chinoises dans le volume global des retombées économiques du tourisme est relativement modeste, mais importante pour Paris. Bien évidemment, les Chinois ne viennent plus en France mais l’autre conséquence c’est aussi qu’il y a moins de Français et d’Européens qui décident d’aller en Asie, donc au final, il n’est pas certain que la France soit véritablement perdante. On le voit d’ailleurs dans les arbitrages entre les destinations « soleil » asiatiques et les destinations « neige » : les réservations s’accélèrent vers la montagne française. Donc tant que cette crise sanitaire ne se développe pas à l’échelon mondial, la France sera relativement préservée. En revanche, rappelons que le SRAS en 2003 avait coûté plus de 40 milliards d’euros au tourisme mondial avec un impact sur les compagnies aériennes, les tours opérateurs et les agences de voyage, et qui avait fragilisé le secteur.

L’inquiétude, c’est si ça dure, si on a un phénomène de défiance vis-à-vis du tourisme dans le monde. Nous n’en sommes pas encore là aujourd’hui, mais on voit qu’il y a une médiatisation, une inquiétude au niveau mondial et tout cela n’est pas bon pour le tourisme. Il n’y a qu’à voir déjà les annulations des clientèles chinoises. Mais rappelons que près de 80 % de la clientèle étrangère qui vient en France est une clientèle européenne, et lorsqu’il y a une défiance vers les destinations lointaines et notamment asiatiques, ça profite à la destination France. Donc pour l’instant il ne faut pas dramatiser. Bien évidemment il y a quelques annulations mais le tourisme français se porte plutôt bien. En 2019 ce sont les touristes français qui ont été les vecteurs de la croissance du tourisme en France et ça c’est une bonne nouvelle ; nous avons une capacité de résilience qui est très forte avec des chiffres records en 2019.

En 2003, avec le SRAS, c’est l’arrêt de l’épidémie qui avait permis d’aller mieux. A partir du moment où il y a une inquiétude, une médiatisation des problématiques sanitaires, il est évident que personne n’a envie de se déplacer dans des zones à risques. Et puis le gouvernement chinois prend des mesures drastiques : il n’y a plus possibilité pour les groupes de venir dans l’Hexagone mais aussi dans les autres zones touristiques. Rappelons que l’Europe c’est seulement 16 % des touristes chinois qui partent à l’étranger, leur zone de villégiature c’est l’Asie en tant que tel, donc l’impact sera certainement bien plus important pour les pays limitrophes de la Chine. L’an dernier, la baisse des clientèles chinoises avait eu pour conséquence une diminution de 30 % de la fréquentation au Cambodge. 

Tant que cette crise ne touche pas le tourisme d’affaires, mais seulement, pour l’instant, quelques annulations de tourisme d’agrément, l’impact est limité. En revanche, s’il devait y avoir une évolution forte de cette épidémie, les conséquences seraient beaucoup plus importantes sur le tourisme mondial et donc sur le tourisme français.
 

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