Le tourisme particulièrement touché par la crise

Publié le 10.04.2020

La mesure de confinement porte un coup dur au secteur du tourisme. Le cabinet Protourisme estime à 4 milliards d’euros la perte financière pour l’hébergement touristique sur le mois d’avril et une cessation d’activité qui met 400 000 personnes sur le carreau.

« Ce seront des vacances de Pâques sans vacanciers. L’an passé, ces vacances avaient été excellentes pour les acteurs du tourisme français. Nous avons vu avec le confinement l’impact d’1,5 milliards d’euros sur les stations de montagnes qui ont fermé prématurément. Pour l’ensemble de la filière tourisme, c’est 10 milliards d’euros de pertes en raison de l’absence de vacances et 4 milliards pour les seuls hébergements touristiques. Cependant, les Français n’annulent pas pour le moment leur vacances d’été puisqu’il y a seulement 7% d’annulation sur les mois de juillet/août, ce qui permet aux acteurs du tourisme de garder l’espoir d’un démarrage de leur saison touristique, avec tout de même un certain degré d’incertitude lié au déconfinement. En revanche, il est certain qu’il y aura beaucoup moins de clientèles étrangères (17 millions l’année passée). Mais à l’inverse, les 9 millions de Français partis à l’étranger l’été dernier resteront dans l’hexagone. Nous aurons un tourisme franco-français et c’est peut-être ce à quoi il faut se préparer pour les années qui viennent : re-séduire les clientèles françaises, avoir un tourisme de proximité et en phase avec les territoires et terroirs. On le voit d’ailleurs, lorsque les restaurants sont fermés, cela représente 50 % des débouchés de la pêche française qui ne sont plus consommés. Nous avons besoin d’un tourisme plus solidaire auprès de nos territoires et de valoriser la consommation de produits frais et français, comme par exemple la Fraise Label Rouge du Lot-et-Garonne, les asperges, les produit Qualité Landes… pour permettre à nos agriculteurs d’avoir des débouchés. Nous avons la nécessité de démontrer l’importance de cet écosystème entre le tourisme, ses territoires, ses terroirs, son agriculture pour aller vers une logique de tourisme durable et proches de nos concitoyens. »

En plus des 400 000 personnes touchées, s’ajoutent aussi les saisonniers qui n’auront pas de travail dans l’immédiat. Quels sont les dispositifs mis en place pour venir en aide à tous ce secteur ? 

« Des dispositifs assez remarquables ont été mis en place notamment par BPI France pour permettre aux acteurs du tourisme de bénéficier de trésorerie et de repousser leurs emprunts avec les banques. En revanche, ce qui pose problème aux acteurs du tourisme, c’est l’incertitude du déconfinement qui ne permet pas aux opérateurs d’anticiper les embauches. 50 000 saisonniers sont en attente d’une embauche : certaines sont repoussées, d’autres seront vraisemblablement annulées. Un certain nombre d’acteurs de l’hôtellerie ou l’HPA, comme Flower Campings ou Sunelia, avaient des réservations importantes pour ces mois d’avril/mai et ce qu’il faut c’est qu’ils diffèrent les séjours pour leurs clientèles qui, cela se voit bien, ont une envie de vacances dans de grands espaces. Ca laissera aussi la place à tous ceux qui proposeront des activités pour les enfants car au bout de plusieurs semaines confinées, les familles auront envie de plaisirs partagés avec également des moments à soi. »

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