L'industrie touristique est en berne

Publié le 02.05.2020

Les plages sont fermées au moins jusqu’au 2 juin, même chose pour les cafés et les restaurants. Avez-vous chiffré les pertes du printemps ?

« On estime que c’est environ 3 milliards d’euros qui auraient été perdus pour la Nouvelle-Aquitaine. Cette période de l’année est extrêmement importante. La perte considérable – avec évidemment celle du week-end de l’ascension qui est le week-end le plus fréquenté partout en France et notamment en Nouvelle-Aquitaine – se répercute sur la santé financière des entreprises du tourisme. Il y a 110 000 emplois directs en Nouvelle-Aquitaine et autant d’emplois indirects et induits, et sur ces 200 000 emplois, on risque d’en perdre 15 à 20 %. » 

 

Vous avez parlé du week-end de Pâques, il va y avoir tous les ponts du mois de mai où les touristes ne pourront pas venir sur le littoral. On comprend que pour les cafés et les restaurants la distanciation sociale soit compliquée, mais pour les plages, est-ce que c’est normal qu’elles soient toujours fermées ? 

 

« C’est très compliqué de fermer ou d’ouvrir toutes les plages. Il faut essayer de faire preuve de bon sens. Il y a des plages en centre-ville, et si c’est pour avoir des vacanciers serviettes contre serviettes, ça n’a pas de sens d’un point de vue sanitaire. En revanche, nous avons aussi d’immenses plages, dans les Landes, en Gironde, en Charentes, qui elles peuvent accueillir du public. Dans ces cas-là, il faudrait une décentralisation des décisions en laissant aux maires le choix d’ouvrir ou de fermer les plages. Et puis, pour les habitants qui sont confinés, ne pas pouvoir profiter des espaces qui sont devant eux, ça n’a aucun sens au niveau de la diffusion du virus, sachant qu’il n’y a personne. »

 

Nous étions au Pays Basque, destination touristique incontournable comme l’est également la Charente Maritime. Si juillet et août se font sans touristes, quelles sont vos prévisions ? 

 

« Ça pourrait être un tsunami pour les entreprises touristiques de Nouvelle-Aquitaine. Il faut savoir qu’on pourrait perdre jusqu’à 7 milliards d’euros sur l’ensemble de la saison estivale, avec des conséquences dramatiques, sachant que bon nombre de territoires vivent grâce au complément de l’activité touristique. Bien évidemment, ça représente 10 % de l’emploi sur de nombreux territoires et notamment sur ceux du littoral ou des destinations touristiques. L’été, c’est la saison des festivals et des sites de visites comme par exemple le Futuroscope (dont la fermeture entraîne une perte de 200 000 euros chaque jour), l’Aquarium de la Rochelle, les grottes de Sare… »

 

Est-ce que le tourisme et la distanciation sociale sont compatibles ? 

 

« C’est difficilement compatible tel qu’on imaginait les vacances avec des festivals des rencontres, du partage, des fêtes, des marchés… Mais il faudra qu’on s’adapte à cette situation. Rien de pire qu’une saison blanche pour l’activité touristique. A l’évidence, l’été sera différent des étés que nous avons pu vivre.  Il faut espérer de la lisibilité quant aux ouvertures d’hébergement touristiques, des règles de vie, qu’on sorte des logiques pour tout le monde partout et de la même façon. On peut aller pratiquer des activités de pleine nature au Pays Basque intérieur ou en Dordogne, en respectant la distanciation sociale et sans grand risque pour les habitants. Il faut de la visibilité à la fois pour les professionnels du tourisme, mais aussi pour les néo-aquitains, qui ont aussi besoin de programmer leurs vacances et voudraient savoir quand ils pourront partir et dans quelles conditions. »

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