Vacances : point général sur la situation

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RTL - 30/03/2020

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Publié le 01.04.2020

Le secteur du tourisme est très largement impacté depuis plusieurs semaines par le coronavirus.

Yves Calvi : Quel est le moral des acteurs des filières tourisme, événementiel et voyage d’affaires ?

Didier Arino : « Le secteur tourisme est effectivement fortement impacté avec plus de 400 000 personnes qui sont maintenant sans emploi. Ce secteur représente 2 millions d’emplois salariés et non-salariés, plus de 7 % du PIB, et pour bon nombre de nos régions c’est 10 % de la richesse qui est produite. Donc évidemment, ce secteur souffre considérablement mais il espère que lors de la levée du confinement, les clientèles françaises retrouveront le chemin des vacances. Pour nos concitoyens, partir en vacances est un besoin fondamental et cette année, ils ne pourront certainement pas partir à l’étranger. Ça laisse donc des opportunités pour la destination France et c’est aussi une œuvre de solidarité car il est important de faire travailler nos acteurs locaux et consommer français. La filière touristique permet d’écouler bon nombre de produits, notamment les produits de la pêche et de l’agriculture. Nous avons véritablement besoin de cette solidarité. Les acteurs du tourisme espèrent que ce confinement durera le moins longtemps possible, en s’assurant bien sûr de la sécurité sanitaire de nos concitoyens. »

YC. Est-ce que vous pensez que nous pourrons partir en vacances pour les vacances d’été ?

DA. « Nous sommes dans l’attente des décisions gouvernementales concernant la levée du confinement. Ces décisions seront très certainement éclairées par les acteurs de la santé. Bien-sûr, nous espérons que d’ici cet été, et même la fin du printemps, les Français puissent partir en vacances. Cela est très important pour l’économie mais également pour le moral. Les Français enfermés pendant plusieurs semaines n’auront qu’une envie : prendre le plein-air et partager de bons moments en famille dans de grands espaces. Les destinations balnéaires, mais également la campagne et la montagne, pourront bénéficier de cet afflux de clientèle française. Les clientèles étrangères seront présentes en moins grand nombre, de la même façon que les Français partiront moins à l’étranger. Un grand nombre ne le pourra pas et certains Français ont été échaudés par leur expérience à l’étranger : pour beaucoup, ils se sont retrouvés coincés dans différents pays, et ont même parfois été « chassés » de leur hôtel en leur demandant de reprendre l’avion. Cela pourra aussi les pousser à consommer local et nous apporter de grands enseignements sur la nécessité d’un tourisme de proximité, plus durable, plus inclusif, à l’intérieur des territoires. La France a les atouts pour pouvoir procéder à cette mutation. »

YC. 2 Français sur 3 (65 %) affirment avoir d’ores-et-déjà changé leur comportement de consommation depuis le confinement, 6 Français sur 10 ont déjà annulé leur réservation ou ont modifié leur projet de vacances et 4 Français sur 10 (55 %) de cadres, ont déjà a annulé leur réservation à cause du virus.

Les questions des auditeurs :

Gaëlle, Val d’Oise : Nous devions partir en croisière aux Seychelles et ça a été annulé. Le problème est que nous n’avons pas fait appel à un tour opérateur. Nous avons pris nos billets d’avion et notre croisière. Pour l’instant, notre croisiériste nous fait patienter en sous-entendant que cela peut être reportable, mais nous ne savons pas encore ce qu’il va advenir de nos billets d’avions.

YC. Quelles sont les obligations de la compagnie aérienne et du croisiériste ?

DA. « Une ordonnance vient de passer, demandant aux tours opérateurs et aux agences de voyage de donner un avoir au client pour qu’il puisse consommer la prestation dans les 18 mois à venir, et si elle n’est pas consommée dans le temps imparti, le client pourra être remboursé. Pour cela, encore faut-il être passé par une agence de voyage, un tour opérateur, une compagnie aérienne ou tout simplement une compagnie de croisière comme cela est le cas pour notre auditrice, basé dans l’hexagone ou avec des acteurs dans l’hexagone. Je ne sais pas quelle est la compagnie de croisière, mais bien évidemment, le risque lorsque l’on fait sa réservation sur des sites basés à l’étranger, c’est de ne pas avoir ses droits et de dépendre du bon vouloir de l’armateur (la compagnie de croisière ou la compagnie aérienne). Globalement, les compagnies aériennes jouent le jeu et permettent un remboursement ou un avoir pour pouvoir tout de même profiter de la prestation. »

Hubert, de Touraine : Je nourris quelques inquiétudes car habituellement, je séjourne à partir du 20 juin en Corse. Chaque année, je réserve mon billet vers le 15 mars chez Air France – je ne l’ai pas encore fait cette année. Je réserve également une location en Corse du côté de Solenzara – pour l’instant je ne l’ai pas confirmée, ni versé d’acompte. Je suis inquiet : vais-je pouvoir y aller fin juin ?

DA. « Tout d’abord, la Corse est une destination extraordinaire, alors c’est un choix judicieux. Pour le mois de juillet, nous avons toutes les chances d’espérer que la situation se sera améliorée. Mais je trouve qu’il est raisonnable d’attendre un peu avant de procéder à la réservation de l’hébergement, car dans le cadre d’un contrat avec un particulier, le remboursement sera peut-être un petit peu plus compliqué. Cependant, si vous passez par une agence de voyage ou par un tour opérateur, vous avez toutes les chances de pouvoir différer ou être remboursé en cas de problème, car c’est la loi. On critiquait beaucoup Air France, mais c’est tout l’intérêt aussi de passer par notre compagnie nationale : lorsqu’il y a un problème, elle joue le jeu et il y a des remboursements ou des avoirs. En revanche, dans d’autres configurations, les compagnies low-cost n’ont pas remboursé les clientèles en invoquant le cas de force majeure, notamment lors des problèmes liés au volcan Islandais. Autant passer par les professionnels du voyage, les agences de voyage ou les tour-opérateurs et les compagnies aériennes traditionnelles. » 

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