Tourisme et attentats : comment rebondir ?

Publié le 04.08.2016

Didier Arino est l'invité de L'Heure H sur BFM Business. Au-delà du choc et de l'impact immédiat, il faut anticiper les résultats à moyen terme et mettre en place une réelle politique touristique.

On constate une baisse des réservations sur le littoral azuréen d'environ 10% par rapport au mois de juillet 2015. L'impact se ressent à Nice, mais également à Cannes et dans les autres villes de la Côte d'Azur. D'ailleurs, c'est l'image de la destination France qui est atteinte : la Tour Eiffel et la Promenade des Anglais : deux symboles de la France, qui évoquent le bien-vivre et la liberté. Ce n'est plus seulement Paris, mais n'importe quelle ville de province qui peut être ciblée. 

Juste avant l'attentat, Nice enregistrait une hausse de 2% environ. Didier Arino estime que la faible ampleur de la baisse témoigne plutôt de la résilience des touristes : loin d'être catastrophiques, les réservations se maintiennent pour le mois d'août. En effet, 80% des clientèles étrangères sont européennes, et savent que la destination France n'est pas plus dangereuse qu'une autre. En revanche, les clientèles lointaines sont nettement plus sensibles. De plus, le véritable enjeu se situe plutôt à moyen terme : l'impact est relativement peu sensible en été, car les touristes qui avaient déjà réservé viennent tout de même. En revanche, comment convaincre ceux qui envisageait seulement un séjour de venir ? Ce sont les non-réservations qui sont à craindre, davantage que les annulations.

Toutefois, au-delà de la peur sucitée par les attentats, il faut avoir conscience que la diminution des réservations des clientèles lointaines ne date pas de l'attentat de Nice, mais remonte au mois d'avril. Les images de grèves, de pénuries, de blocages n'incitent pas les touristes à venir. Certains gros opérateurs sont assez solides pour tenir bon, mais les professionnels indépendants rencontrent de vraies difficultés. Il est impératif de d'améliorer l'offre touristique française : favoriser les investissements, lever les contraintes pesant sur l'hôtellerie... : en un mot, concevoir et mettre en oeuvre une véritable politique touristique, comme cela a pu être le cas, à l'échelle d'une ville, à Bordeaux par exemple.

 

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