Tourisme en état d'urgence

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Publié le 09.11.2016

Un plan d'action à 42 millions d'euros présenté par Manuel Valls pour redresser le tourisme : une stratégie adaptée aux difficultés de ce secteur qui pèse 160 milliards d'euros de chiffres d'affaires en France ? Retrouvez l'intervention de Didier Arino dans C dans l'air

La France enregistre des contre-performances inquiétantes : par exemple une baisse de 25% des réservations sur la Côte d'Azur ou encore une baisse de la fréquentation de 20% au musée du Louvre.

Le poids économique du tourisme a été jusqu'à présent minimisé en France, tout comme les conséquences du terrorisme. Il n'y a pas de syndicats et peu de grèves, pas de fermetures d'entreprises propres au secteur : il est en quelque sorte invisible, difficilement perceptible par les Français. Or l'attractivité et la sûreté d'un pays influencent la venue d'investisseurs : c'est pourquoi l'impact du tourisme est considérable. Les attentats ont déclenché une prise de conscience de l'importance du secteur. Au-delà de la fameuse part de 7% du PIB, bon nombre de données et de retombées ne sont pas quantifiables, comme les investissements dans le pays.

Ainsi, entre 2009 et 2014, 49% des emplois qui ont été créés en France sur le secteur marchand concernaient le tourisme. Pourtant cet été, les hôteliers parisiens ont accusé une baisse de 30% de leurs chiffre d'affaires. Dans le même temps, des villes moins anxiogènes continuent de se développer comme Bordeaux, Lyon et Nantes. Cette baisse de fréquentation dans les hébgerments marchands est toutefois à nuancer, avec le changement des pratiques des touristes et le recours plus fréquent aux sites collaboratifs tels qu'Airbnb.

Les nouvelles propositions de Manuels Valls et de Valérie Pécresse semblent sous-dimensionnées par rapport au poids du secteur et à la crise actuelle. En effet, 42 millions d'euros seront  investis alors que le secteur touristique français pèse 160 milliards d'euros, dont 50 milliards d'euros de retombées générées par les seuls étrangers. Rappelons que depuis le début de l'année, la fréquentation sur le long courrier est en recul de -14%.

L'absence d'une véritable politique touristique se ressent : il faut cesser de se reposer sur des lauriers acquis il y a longtemps, dont le terrorisme a accéléré la chute. Il est essentiel d' établir un plan de relance sur le long terme et de réactiver le"Made in France".  L'insécurité - les attentats, mais aussi la petite délinquance - est également un fléau qui ternit considérablement l'image de la France, dorénavant devenue destination la moins sûre d'Europe. Poirtat, on remarque un développement de destinations régionales, qui échappent à la morosité qui touche la capitale : Bordeaux, Toulouse, l'Aude Pays Cathare... 

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