Etat des lieux à mi-parcours de la saison 2018

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Didier Arino sur RMC

Publié le 17.08.2018

Didier Arino est l'invité de Bourdin Direct sur RMC pour un état des lieux à mi-parcours de la saison 2018.

L’été 2018 est atypique : après un mois de juillet décevant, la haute saison estivale n’a véritablement commencé que le 21 juillet. La fin de juillet et la première quinzaine d’août sont très bonnes, mais ne suffisent pas à rattraper le retard, avec des hébergements qui sont déjà complets et ne peuvent accueillir les reports des juillettistes. La fin de saison s’annonce déterminante : les deux dernières semaines d’août sont très bien réservées, et il faudra attendre les résultats de septembre pour affirmer que la saison a été bonne… ou pas. Ne nous y trompons pas : le défi n’est pas d’atteindre un taux de remplissage à 100% au milieu du mois d’août ; pour les professionnels du tourisme, il faut « remplir » du  15 avril au  15 septembre. Or cette année la montée en puissance aura été lente.

Parmi les régions qui tirent leur époungle du jeu, l’Ile de France et la Côte d’Azur, grâce à la progression des clientèles étrangères. Ailleurs, la situation est plus mitigée. Mais on observe, année après année, que ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui investissent, qui innovent, qui créent de l’emploi. Il y a une réelle prime à l’investissement et au renouvellement de l’offre : les touristes recherchent de l’expérience, du partage, des souvenirs, de l’émotion… La prise de risque paie. On en a un bel exemple avec l’hôtellerie de plein air, une filière qui s’est modernisée rapidement. Aujourd’hui, plus de la moitié des nuitées est réalisée dans des hébergements locatifs, de type mobile home et chalets, et les campings développent toujours plus de services : des parcs aqualudiques, et même une crèche dans un camping Sunélia sur l’Ile de Ré.

Il est difficile de parler du tourisme français en général, tant il y a des formes de tourisme différentes : entre des opérateurs qui innovent et d’autres plus attentistes, entre l’Occitanie très marquée par le camping et la région parisienne et PACA qui concentrent 60% de l’offre hôtelière 5 étoiles… Si l’on prend des territoires plus ruraux, 90% du territoire français est sous-fréquenté. Il n’y a pas réellement de problème de sur-fréquentation en France : il est éventuellement limité à quelques spots touristiques, mais les destinations prennent de plus en plus de mesures pour réguler les flux, comme à Chambord, à Notre-Dame ou à la Cité de Carcassonne dans l’Aude. Il ne faut pas oublier que l’attractivité touristique est aussi le moteur d’une image de marque, d’une attractivité économique et d’une meilleure qualité de vie pour les habitants. Il y a un effet d’entraînement sur les territoires : l’exemple de Bordeaux est très significatif.

L’attractivité de notre pays est donc encore à renforcer. Il est vrai que Paris et la France font toujours rêver et restent en bonne place parmi les lieux qu’il faut avoir visité pour un touriste étranger, et l’on peut compter sur une croissance constante de ces marchés étrangers dans les années à venir. Mais l’Hexagone progresse moins vite que ses voisins, notamment l’Espagne. En termes de consommation touristique, nous sommes les cinquièmes à l’échelle mondiale, alors que le tourisme est un secteur dynamique et fortement créateur d’emplois. La construction d’une politique touristique nationale devrait être une priorité stratégique.

 

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