Coronovirus : Qu'en sera-t-il des vacances d'été ?

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FRANCEINFO - 07/04/2020

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Publié le 10.04.2020

Les premières questions commencent à se poser sur les vacances de l'été 2020. Pourront-elles avoir lieu ? Sous quel format ?

Où et quand partir en vacances cet été ? Avec la pandémie, difficile de prévoir, de savoir si voyager à l’étranger sera possible, des doutes qui influent sur les réservations et sur les projets. Est-ce que cela se ressent déjà sur les vacances d’été ? 

 

« Les vacances cette année seront des vacances dans l’Hexagone et c’est d’ailleurs une bonne chose pour les acteurs du tourisme, qui s’attendent à une très forte diminution pour ne pas dire un arrêt quasi-total de la venue des clientèles étrangères. De la même façon, les 9 millions de Français qui étaient partis à l’étranger l’an passé resteront dans l’Hexagone. Nous aurons besoin de cette solidarité pour alimenter nos territoires, très fortement impactés. Il n’y aura ni vacances d’avril, ni ponts du mois de mai et chaque mois perdu représente 10 milliards d’euros de perte pour l’ensemble de la filière tourisme, avec 400 000 personnes qui sont sans emploi dans ce secteur, 50 000 saisonniers pour lesquels les embauches sont repoussées – bon nombre vont être annulées – donc nous aurons véritablement besoin de cette solidarité territoriale. Il en va de même pour le secteur agricole : 50 % de la pêche française est commercialisées via les restaurateurs, et on le voit avec les agriculteurs. Avant ces vacances d’été, il faudra être solidaires et acheter de bons produits : la Fraise Label Rouge du Lot-et-Garonne, les produits Qualité Landes… ».

 

Le fait que les Français restent cet été compensera-t-il l’absence des touristes étrangers ? 

 

« Pas en totalité puisque le tourisme étranger représente environ 25 % des nuitées marchandes dans le secteur du tourisme pour l’été. Il y a des régions qui sont très dépendantes des clientèles étrangères et ce seront celles qui seront les plus impactées (Ile-de-France, côte d’Azur). D’autres bénéficient d’une forte fréquentation des clientèles régionales (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine) et ce sont celles qui bénéficieront de la venue de la clientèle française qui avait l’habitude de partir à l’étranger vers les destinations balnéaires et qui resteront dans l’Hexagone. »

 

Que dites-vous aux gens aujourd’hui à qui on demande de réserver leurs vacances d’été ?

 

« Il y a un flou total de la part des pouvoirs publics, ce qui peut se comprendre puisque l’on est dans une crise sanitaire. En revanche, ce qui se comprend moins, c’est qu’il eut été préférable que les autorités disent clairement « il n’y aura pas d’ouverture des sites de visite, des campings, des résidences et des villages de vacances avant telle date » car aujourd’hui, les professionnels du tourisme passent leur temps à repousser les réservations de quinze jours en quinze jours pour celles du printemps, avec une très grande incertitude sur les modalités du déconfinement. Tout cela pèse sur le secteur en rajoutant des contraintes et obligations à des acteurs qui sont déjà très fortement impactés. Cela ne leur donne aucune visibilité. Peu à peu, on nous prépare au fait que ce déconfinement se fera au compte-gouttes, avec des contraintes très fortes pour les acteurs du tourisme. Il est véritablement souhaitable qu’ils puissent accomplir cette saison estivale, sans quoi ce seront des centaines de milliers d’emplois qui seront détruits dans notre secteur. Mais restons optimistes : cela permettra peut-être aussi de construire un tourisme de proximité. »

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