Coronavirus : Un été sans restaurants, sans bars et sans cafés ?

Publié le 26.04.2020

Les restaurateurs avaient rendez-vous, ce matin, avec Emmanuel Macron, président de la République pour parler de leur situation, après le déconfinement du 11 mai prochain.

« C’est un secteur très hétérogène. Ceux qui sont parisiens, qui ont des petites salles et qui ne peuvent pas permettre une distanciation sociale, n’ont en partie aucun intérêt à réouvrir tout de suite compte-tenu de l’écroulement des clientèles étrangères et d’un marché qui va redémarrer très lentement. En revanche, ceux qui sont saisonniers et qui font leur chiffre d’affaires pendant la saison estivale, vont disparaître s’ils n’ouvrent pas le plus rapidement possible. Tout simplement parce qu’il y a un marché et, comme on peut le voir dans les stations balnéaires, la plupart des couverts sont servis en extérieur. Il suffit donc d’avoir des dérogations des mairies pour agrandir les terrasses, permettre cette distanciation sociale et répondre aux attentes des clientèles. Selon nos estimations, ce secteur perdra à minima 150 000 emplois directs à la seule condition de réouvrir au 15 mai, plus 150 000 emplois indirects et induits, soit 300 000 chômeurs puisque nous avons perdu près de 40 milliards d’euros dans le secteur du tourisme. Le problème est que si la situation empire, s’il n’y a pas d’ouverture pour ceux qui peuvent ouvrir maintenant (et ça ne sera pas tous les restaurants, hébergements touristiques, campings ou hôtels), nous allons aboutir à un chiffre colossal de perte d’emplois : plus d’un million de personnes dans le secteur du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration et toutes les activités associées (commerçants dans les stations balnéaires, ostréiculteurs qui vendent sur place, pêcheurs qui vendent dans les restaurants…). On va rentrer dans un effet boule de neige déplorable pour notre économie, avec un impact énorme pour le secteur d’activité du tourisme et bien au-delà de celui-ci. Ce sont des pans entiers de notre territoire qui vont être affaiblis. Le mouvement des gilets jaunes est issu d’une France péri-urbaine et rurale. Les services d’une partie de cette France rurale, sans le complément de l’activité touristique, disparaîtraient (boulangerie, pharmacie…). Donc au-delà de la crise sanitaire, on risque d’avoir une crise économique, une crise sociale, une crise des territoires. Il faut une position claire du gouvernement donnant des dates possibles d’ouverture. Depuis le confinement et compte-tenu des déclarations diverses et variées et de la peur de ne pas avoir une prestation correcte de vacances, 6 millions de nos concitoyens ont déjà renoncé à partir cet été. Donc plus le discours est flou et anxiogène, plus ce secteur va entrer dans un processus mortifère qui va conduire à une catastrophe économique. L’ensemble des acteurs du tourisme doit intégrer cela et évite de penser individuellement. Cela va bien évidemment engendrer des contraintes et on peut se poser la question de la viabilité économique de bon nombre d’entreprises dans des conditions où au mieux, les entreprises touristiques feront 50 % du chiffre d’affaires de l’an passé. »    

Notre actualité

voir tout >>>