Coronavirus : Tourisme, un plan de soutien à 1,3 milliard d'euros via BPI France et la Caisse des dépôts

Publié le 13.05.2020

L’ouverture des plages, très attendue des maires et des citoyens, peut-elle sauver la saison touristique estivale dans une certaine mesure ?

« Depuis le confinement, 6 millions de nos concitoyens ont renoncé à partir en vacances, dont 4 millions de façon définitive. Les ¾ des clientèles qui y ont renoncé sont celles qui envisageaient partir à la mer. Tout le discours sur la fermeture des plages et le fait de ne pas ouvrir l’activité touristique, ainsi que les différentes déclarations qui poussaient les Français à ne pas réserver leurs vacances, les ont dissuadés. Lorsque les mesures seront clarifiées, l’ouverture des hébergements touristiques et des plages donneront envie à nos concitoyens de réserver leurs vacances pour cet été, et pas seulement en destination balnéaire mais aussi à la montagne et à la campagne. La distanciation est bien plus facile sur bon nombre de plages du littoral Atlantique et du littoral Méditerranéen par rapport aux centres villes. Les acteurs du tourisme se préparent et n’attendent plus qu’une chose, pouvoir ouvrir leurs hébergements touristiques en ayant des règles et mesures pour garantir la sécurité sanitaire des vacanciers. »

La filière du tourisme et tous les métiers associés attendent le plan massif de soutien annoncé, l’enveloppe est d’un peu plus d’un milliard d’euros.

« Il y a financièrement une mobilisation considérable de l’État, à la fois au niveau du chômage partiel mais aussi au niveau des charges qui sont différées voire annulées, notamment pour le secteur de la restauration qui est fortement impacté. Ce plan d’investissement de BPI France avec la caisse des dépôts est assez remarquable. C’est ce qu’il faut faire pour redonner un souffle à l’activité touristique, étant donné l’investissement touristique dans les retombées économiques mais aussi dans les créations d’emplois. La politique du département de la Vienne en matière de développement touristique a permis de générer plus de 3000 emplois pérennes. On le voit avec le Puy du Fou, c’est 2 500 emplois sur la zone, avec la création du Club Med à Samoëns c’est 1 000 emplois générés à temps plein sur une vallée. L’investissement est indispensable pour que le tourisme devienne beaucoup plus compétitif. La question est de savoir vers qui ces investissements vont se porter. Espérons que cela apportera aussi un certain rééquilibrage des territoires et que les gros opérateurs ne seront pas les seuls bénéficiaires. De ce point de vue, la politique de BPI France menée par Nicolas Dufourcq est assez remarquable. Nous sommes l’un des pays pour lesquels l’aide de l’État est le plus important, mais ce dont ont besoin les professionnels (restaurateurs, hôteliers, villages de vacances, résidences de tourisme) à court terme, c’est de pouvoir travailler. C’est là qu’il y a un peu de contradiction dans les discours de l’État entre d’un côté le fait de dissuader les Français de partir en vacances et d’un autre côté des aides : les deux sont conciliables. On peut avoir à court terme la nécessité de sauver nos entreprises touristiques (selon l’estimation, 20 % des entreprises feront faillite dans les mois qui viennent) et avoir d’un autre côté un plan d’investissement sur l’avenir avec une transition écologique numérique et n équilibrage des territoires avec des produits phares. Cela nous permettra d’inventer le tourisme de demain. C’est une excellente mesure.

Il est indispensable de développer ce tourisme de proximité ou de péri-proximité. Les 100km sont largement insuffisants. On aura un tourisme franco-français cet été. Espérons que les discours soient beaucoup plus clairs pour permettre à nos concitoyens d’avoir envie de partir. Le tourisme de demain sera plus proche des territoires, valorisera les patrimoines, sera beaucoup plus inclusif, avec une mise en avant de nos savoir-faire, de nos productions, de nos terroirs et de nos sites de visites. C’est à travers ce tourisme que nous nous démarquerons, de la même façon que nous avons besoin de sublimer nos produits. La gastronomie française est vraiment notre ADN. Il faut insister et changer de braquet avec une transition plus écologique et numérique, de l’investissement innovant. Les sites de visites remarquables et innovants fonctionnent. Nous pouvons avoir un avenir rayonnant, si l’on s’en donne les moyens. »

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