Coronavirus : les perspectives pour les vacances d'été

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RTL - 24/04/2020

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Publié le 25.04.2020

Beaucoup de Français confinés pensent déjà au début des vacances d’été et se posent aussi beaucoup de questions.

« On ne peut pas dire qu’aujourd’hui la communication qui est faite pousse à être optimiste sur les vacances d’été. On a seulement à ce stade un peu moins de 12 millions de Français qui ont réservé leurs vacances sur les 27,5 millions qui envisagent de partir. D’ores et déjà, il y a plus de 6 millions de Français qui disent avoir renoncé à partir en vacances, soit parce qu’ils ont peur, soit parce qu’ils se disent que ça ne sera pas des vacances comme les autres années. Les gens s’interrogent : Est-ce que les plages seront ouvertes ? Et pour les piscines des campings ? Est-ce que nous pourrons déambuler et aller d’une région à une autre ? Toutes ces questions se posent et il faudra donner des réponses rapides, faute de quoi peu de nos concitoyens décideront de réserver en dernière minute, avec toutes les conséquences pour le secteur et énormément de perte d’emplois. On sait déjà qu’il y aura 40 milliards d’euros de pertes et 150 000 emplois directs et autant en emplois indirects, mais cela pourrait être beaucoup plus dramatique s’il n’y a pas de visibilité sur le démarrage de cette saison touristique. »

Cela fait des années qu’on remarque que les Français réservent de plus en plus souvent au dernier moment et sont capables d’improviser. Donc les 6 millions de personnes qui ont déjà fait un pas en arrière après avoir fait un pas en avant peuvent revenir, si le projet s’éclaircit et qu’on a des réponses à peu près claires sur nos mouvements cet été…

« Absolument, une partie peut décider de prendre des vacances. Toutefois, quand on est aussi bas en intention de départs, il est difficile de le rattraper. Mais avec une jolie météo et une rassurance des hébergeurs auprès des clientèles sur les gestes barrières, sur la distanciation prévue dans les établissements – et ils y travaillent que ce soit dans les campings, dans les villages de vacances ou dans les stations – cela serait peut-être plus facile. Un facteur reste fondammental : « pourrai-je aller à la plage ? ». Pour ceux qui choisissent d’aller à la mer, ne pas pouvoir aller à la plage de façon à peu près normale est compliqué. Le discours gouvernemental ne pousse pas à être optimiste en la matière. Dans notre pays, nous avons 1200 km de plages et de dunes sur nos 3700 km de côtes. Notre pays est suffisamment pourvu de différentes destinations à la montagne, à la mer, à la campagne avec énormément d’espace. Les Français seront mieux dans des destinations de villégiature qu’entassés dans des villes ou dans des parcs bondés, dans des lieux où les gens s’agglutinent. Tout le monde a intérêt à ce que nos concitoyens puissent partir en vacances, profiter, aller découvrir les belles destinations de France. Nos vallées, nos montagnes, notre campagne et même nos destinations balnéaires moins fréquentées permettent véritablement de passer de belles vacances en toute sécurité. »

Est-il réaliste de réserver des trains pour cet été, de Bordeaux à Arcachon par exemple ?

« Si on veut aller à Arcachon, à Lacanau ou ailleurs, on peut y aller en train car il y aura un certain nombre de trains en service. La question est : est-ce que l’on veut prendre le train ou être un petit peu plus tranquille et prendre sa voiture ? L’essentiel de nos concitoyens prendront la voiture individuelle car certains auront peur des transports en commun qui risquent d’être chargés. En revanche, la SNCF travaille à sécuriser ses trains pour pouvoir permettre au plus grand nombre de partir. Très honnêtement, je trouve que la meilleure solution est de prendre la voiture individuelle, et sinon le train. »

Des vacances en Corse à partir de fin juin, est-ce par exemple envisageable ?

« Aujourd’hui, les professionnels se préparent et sont en négociation avec le gouvernement pour définir les modalités d’ouverture de leurs établissements, en réduisant certainement la capacité. Ils travaillent aussi sur tous les aspects sanitaires, les gestes barrières, les règles de distanciation… On peut espérer qu’à partir du mois de juin, il puisse y avoir une ouverture des établissements touristiques, mais ce n’est absolument pas certain car cela dépend de la décision gouvernementale. Ce que l’on peut tout de même souhaiter, c’est de pouvoir donner des dates aux professionnels et aux clients, car on n’ouvre pas un établissement en trois jours : cela se prépare. Aujourd’hui, les professionnels sont sur les starting blocks. Ils se demandent s’ils vont pouvoir procéder au recrutement des saisonniers, sachant qu’il y a 50 000 saisonniers en attente. Pour certains, ils se demandent aussi si cela vaut vraiment le coup d’ouvrir leur établissement. D’ores et déjà, en étant les plus optimistes, ils savent déjà qu’ils ne feront que la moitié de leur chiffre d’affaires et par conséquent, si l’on veut rassurer tout le monde, il est préférable d’avoir une décision rapide pour donner des échéances. Ce n’est pas dans 15 jours que nous aurons une grande évolution sur le virus et sur la façon de le combattre. Il est donc temps de faire des choix et de donner des décisions. Petit conseil pour les vols low-cost (Ryanair, Easy Jet) : ils ne proposent pas d’eux-mêmes le remboursement, mais il faut aller chercher dans les onglets des sites Internet. Généralement, ils proposent d’abord un avoir puis en cherchant bien, nous avons accès à la demande de remboursement. Ils ont l’obligation de le faire. En revanche, pour les voyages à forfaits (hébergement + transport aérien), il s’agit généralement d’un avoir. Pour la Corse, qui est une merveilleuse destination, un quart de la richesse est produit par le tourisme. Enormément de salariés en Corse vivent du tourisme. C’est l’une des destinations les plus belles au monde, il serait donc dommage de rater ses vacances et ne pas aller en Corse. On peut aussi aller pas très loin de Paris, dans des endroits où il y a moins de monde, comme la Côte de Granit Rose, la Baie de Morlaix en Bretagne, dans les montagnes Pyrénéennes, dans le Jura, en Provence Occitane : il y a de multiples destinations en France pour prendre du plaisir. C’est très important pour le moral de nos concitoyens, car s’ils n’ont pas de vacances cet été, nous allons avoir des Français qui auront du mal à se mettre à la reprise de l’économie et de leur activité normale. C’est un point fondamental pour nos concitoyens et pour le corps social. »

A-t-on des éléments de réponse concernant la faisabilité ou non de voyager, et où ?

« Nous n’avons pour l’instant aucun élément de réponse. Il est à souhaiter et probable que l’on puisse partir en Outre-Mer car le gouvernement ne fera pas deux poids deux mesures entre la possibilité de partir en vacances dans l’hexagone et pas en Outre-Mer. Il y a cependant un certain nombre de contraintes : le transport aérien et aussi l’inquiétude de répandre le virus dans des villes où le système de santé est en tension. Mais d’ici le mois d’août, j’ai bon espoir que les choses puissent être résolues. Nos amis ultra-marins ont aussi besoin de cette activité touristique ».

Quel est votre point de vue sur les trajets en avion vers l’Europe (Grèce, Sud de l’Italie, Portugal) ?

« Le Président de la République a dit que les frontières étaient fermées au-delà de l’espace Schengen, ce qui signifie que les Français pourraient partir en Europe. Mais la réalité est qu’aujourd’hui l’Espagne est fermée, avec aucun hébergement touristique, ce qui annonce peut-être une saison blanche en Espagne comme dans bon nombre d’autres pays. Je déconseille vivement à nos concitoyens de réserver des vacances à l’étranger tant que nous n’y verrons pas plus clair ».

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