Coronavirus : Le secteur touristique à l'arrêt

Logo - RMC ©RMC

RMC - 03/04/2020

Vous ne disposez pas du lecteur Adobe Flash, installez-le !

Publié le 14.04.2020

La France est à l’arrêt et le secteur du tourisme en subit particulièrement les conséquences. 10 milliards d’euros de manque à gagner pour le seul mois d’avril, c’est le résultat sidérant selon une étude du cabinet Protourisme.

 

« Pour rêver il faudrait que les Français aillent sur les sites Internet pour commencer à préparer leurs vacances dans l’Hexagone et regarder de belles images ; la Bretagne, la Côte de Granit Rose, le Morbihan, le Pays-Basque et l’arrière-pays où il y a de l’espace, la Méditerranée avec le Grau-du-Roi, la Camargue, la Grande Motte où on peut tout faire à vélo, ou même pas loin de Paris, Orléans, Bagnoles de l’Orne pour pouvoir avoir cette part de bien-être et de découverte de patrimoine. C’est une bonne solution pour penser aux futures vacances et pour les familles qui auront eu leurs enfants toute la journée, ils pourront les « livrer » à des clubs enfants dans des campings comme Sunélia et Flower Campings ou des clubs comme le Club Med. »

 

Le secteur du tourisme a besoin de ces réservations et que les français se projettent de nouveau vers leurs vacances. 

 

« Ces vacances de Pâques sans vacanciers c’est une perte de 4 milliards d’euros pour les hébergements touristiques et si on ajoute l’ensemble du secteur avec le transport aérien, les agences de voyage, les réceptifs, on est à plus de 10 milliards. Dans le secteur du tourisme, il y a 40 000 personnes qui sont sans emplois, un retard d’embauches ou des annulations de 50 000 saisonniers, et cela sans savoir à quel moment les français seront déconfinés et pourront aller vers nos destinations de villégiature. C’est un secteur qui est donc très fortement impacté.

 

Bien évidemment, cette année il n’y aura pas les 17 millions de clients étrangers venu l’été dernier. La bonne nouvelle est qu’on voit bien que nos concitoyens rêvent de vacances et les réservations pour juillet/août sont plutôt corrects, avec très peu de retard par rapport à l’an passé et avec des Français qui ont envie de détente et de plaisirs. Nous comptons sur les vacances de juillet/août, avec un petit espoir su le printemps et notamment sur mai. C’est un point très important pour les acteurs du tourisme mais aussi pour bien d’autres métiers. 50 % des débouchés de nos pêcheurs français, ce sont les restaurants et c’est lié aussi à l’activité touristique. C’est compliqué également pour nos producteurs de terroir, tels que la fraise, les asperges, tous les produits agricoles de saison et de qualité. Aujourd’hui, il faut consommer français et les produits de l’agriculture et de la pêche car nous sommes une chaîne et il y a besoin de solidarité avec nos territoires, terroirs et savoir-faire. En sortant de cette crise, ça sera une bonne chose de redécouvrir nos territoires car le tourisme de demain sera un tourisme beaucoup plus inclusif avec plus de proximité. De plus, les situations de voyageurs français coincés à l’autre bout du monde, éjectés de leur hôtel et sans vols laisseront des traces. Les 9 millions de Français qui étaient partis à l’étranger l’été dernier, resteront pour une grande partie en France. Nous espérons tout de même qu’il puisse y avoir une forte diminution du risque sanitaire et que l’on puisse de nouveau vivre normalement. Il faudra néanmoins tenir compte de ce passage pour imaginer un monde de demain fait avec plus de proximité, avec plus de solidarité, sans trop impacter la planète et sans s’imaginer que le rêve est à l’autre bout du monde. »

 

En 2019, sur la période avril, mai, et juin, 42 % des Français étaient partis en vacances, ce qui avait représenté 15 % du chiffre d’affaires estival du secteur du tourisme. Est-ce que la saison peut encore être sauvée ? 

 

« On ne peut pas rattraper ce qui a été perdu. Un hôtel qui dispose de 30 chambres ou un camping qui a 300 emplacements ne pourra pas en louer 600. Le chiffre d’affaires c’est une denrée périssable. En revanche, ils pourront essayer d’avoir une belle fréquentation sur la période où ils seront ouverts, mais il reste encore cette incertitude. Nous avions eu un mois d’avril extraordinaire l’an passé, un mois de mai beaucoup plus mitigé, un très bon mois de juin et un mois de juillet compliqué pour les acteurs du tourisme, mois qui subit peu à peu une baisse de la fréquentation. Cette année, nous aurons besoin de ce mois de juillet, d’un excellent mois août et peut être que cette saison touristique se prolongera jusqu’aux vacances de la Toussaint. Reste encore à savoir si nos concitoyens auront la tête à partir en vacances (à priori oui) et le budget nécessaire. Chez Protourisme, nous pensons que les vacances sont essentielles pour Français et qu’ils se feront plaisir pour ces vacances d’été. Les seniors qui ont aussi été confinés et qui représentent la clientèle du printemps, auront peut-être la bonne idée de partir à l’automne pour que ce secteur reparte du bon pied. C’est extrêmement important parce qu’une bonne saison touristique, cela signifie aussi des investissements et la création d’emplois est lié à ces derniers. Dans le secteur du tourisme nous avons besoin de monter en qualité et e gamme pour rester compétitifs.

Notre actualité

voir tout >>>