Coronavirus : La saison des professionnels du tourisme peut-elle encore être sauvée ?

Publié le 03.05.2020

Le déconfinement approche mais les professionnels du tourisme sont toujours dans l'incertitude concernant la saison estivale qui arrive.

« Les acteurs du tourisme de la baie de Somme, notamment dans les campings, dépendent beaucoup du tourisme régional. Si le déconfinement se passe tardivement, cela leur posera moins de problème que dans les régions du Sud ou du Sud-Ouest comme la Côte Occitane où 2 à 5 % de la clientèle dans les hébergements touristiques marchands est une clientèle régionale. Pour ces professionnels, 20 à 25 % de la clientèle est étrangère et on ne sait pas si elles pourront venir dans l’hexagone. Le reste des clientèles sont des clientèles qui viennent de bien au-delà de 100km. C’est une économie en danger. Il y a 2 millions d’emplois directs dans le secteur du tourisme et autant d’emplois indirects. 4 millions de personnes sont en attente de décisions. La France a par ailleurs la chance d’avoir de la campagne, de la montagne, des espaces de pleine nature un peu partout. Il est moins dangereux pour les franciliens et des habitants de grandes métropoles d’aller dans des hébergements touristiques qui sont prêts à les accueillir. Cela fait plus d’un mois que les acteurs du tourisme, et notamment la Fédération de l’hôtellerie de plein-air, travaillent sur des protocoles pour garantir la sécurité. Les chaînes comme Flower Campings et Sunêlia ont mis en place des protocoles tout à fait considérables, notamment avec 24 heures entre deux locations de mobilhome, ce que les vacanciers n’auront pas avec la location entre particuliers, sans aucune garantie sanitaire. Ce qu’attendent les professionnels du tourisme, c’est à minima un calendrier. Ils sont dans l’attente. 50 000 saisonniers ne seront pas embauchés à cause des décalages successifs et il y a déjà 300 000 emplois qui sont définitivement perdus dans le secteur du tourisme. On pourrait aboutir à une tragédie sociale et économique dans des territoires qui souvent sont peu impactés par le virus, notamment les destinations de montagne, de vallée et de campagne qui dépendent énormément de l’activité touristique. Pour la Corse, c’est quasiment un tiers de la richesse qui est produite grâce au tourisme. A minima, nous devons savoir quels types de transports seront disponibles et dans quelles conditions, quels sont les établissements qui pourront réouvrir et avec quelles mesures de distanciation. Cela suppose du travail et de la préparation. Pour les plages, il est absurde de vouloir les fermer. Il y a suffisamment de place pour la distanciation, et à d’autres endroits il faudra réguler, voire fermer. »

 

Les Français doivent-ils réserver ? 

 

« Des acteurs proposent aux vacanciers de pouvoir reporter leur séjour et dans ces cas-là, on peut prendre le risque de réserver. Sinon, compte tenu des déclarations du gouvernement, il ne faut pas s’étonner que depuis le début du confinement, 6 millions de Français ont décidé de ne pas partir en vacances cette année. Peut-être que le but est de les dissuader de partir en vacances sans le dire parce qu’il y a une inquiétude sur des flux trop importants de clientèles touristiques, notamment à la mer. Ce qui serait plus important, ce serait de dire quelle serait la jauge minimale acceptable et quelles sont les mesures à prendre plutôt que de faire patienter les acteurs du tourisme qui sont, d’un autre côté, très fortement aidés. C’est leur enlever la tête de l’eau d’un côté pour leur enfoncer dans le sable de l’autre et cela coûte très cher aux contribuables. »

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